Patrick
Tosani
L'aqueduc (série glaçons architectures), 1983
L'aqueduc (série glaçons architectures), 1983

Patrick Tosani
L'aqueduc (série glaçons architectures), 1983
Tirage chromogène
120 x 170 cm
Edition de 3 ex + 1 AP
Patrick Tosani - ©ADAGP

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"Glaçons" :

    La photographie perturbe la notion d'échelle. L'inclusion de ces petites figurines dans des glaçons va me permettre de les confronter à un environnement de même dimension. La glace ou le glaçon deviennent leurs espaces d'évolution, un espace à l'échelle de leurs mouvements et de leurs déplacements. Par l'effet de gel, ces figurines semblent acquérir une énergie égale à l'énergie de la glace. L'instant de cette égalité des forces, c'est l'instant de la photographie. Les figurines choisies sont des sportifs, des athlètes, des danseurs...dont les mouvements arrêtés caractérisent l'instantanéité.

     L'observation de la fonte de la glace induit assez logiquement l'évolution de différentes temporalités. L'instantanéité va être confrontée à un temps long, à celui du passé, à celui de l'architecture, aux monuments anciens, eux-mêmes renvoyés au quotidien du papier journal : l'information,  l'événement, l'actualité ; l'écriture ponctuant le récit du temps. Un ensemble de palais, châteaux, aqueducs, arènes, non identifiable, va être découpé dans du papier journal avec une grande précision, puis inclus et saisi par la glace. L'utilisation du papier journal et de ces architectures dessinées,  c'est aussi l'opposition des matériaux entre la glace, limpide, minérale, brillante et le papier, éphémère, fragile, informatif. Les découpes des fenêtres, portes et créneaux, au delà de l'image du  monument, seront autant de sources de lumière pour accentuer la transparence de la glace. Ces architectures découpées, monuments dans la glace, sont installées dans un temps long qui se déroule, qui littéralement s 'écoule au rythme de la fonte de la glace.

     Dans la durée du temps de travail, le bloc de glace fond lentement ; il va disparaître et par là même, mon dispositif également. L'incendie d'un monument, d'un quartier, de la ville entière, est l'évènement qui me permet de rentrer directement  dans le récit et le processus du travail. L'incendie est aussi l'image de situations dramatiques tant historiques que contemporaines qui nous renvoient à un contexte politique spécifique, et à une actualité de l'époque.

 

Patrick Tosani