Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,
Hesam Rahmanian

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Royal Game - II Duke of Cambridge, 2015-2017
Collage, binder, gesso, acrylic on paper (Dyptich)
140 x 100 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Her Majesty ?, 2015-2017
Collage, gouache, gesso, acrylic on paper
72 x 100 cm ( 86 x 115 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Home Home Sweet Home, 2015-2017
Collage, gesso, acrylic and heaving mold on paper
72 x 100 cm ( 86 x 115 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne

© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne
© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne
© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Liverpool Biennal of Contemporary Art , 2016
Liverpool, Royaume-Uni

© Maaziar Sadr

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Liverpool Biennal of Contemporary Art , 2016
Liverpool, Royaume-Uni
© Maaziar Sadr

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - All The Rivers Run Into The Sea. Over., 2015
ASIA PACIFIC TRIENNIAL (APT8) - Brisbane, Australie

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - All The Rivers Run Into The Sea. Over., 2015
ASIA PACIFIC TRIENNIAL (APT8) - Brisbane, Australie

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis

© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis
© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis
© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Slice a Slanted Arc Into Dry Paper Sky, 2015
Kunsthalle - Zurich, Suisse

© Gunner Meier

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Slice a Slanted Arc Into Dry Paper Sky, 2015
Kunsthalle - Zurich, Suisse
© Gunner Meier

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Madame Tussauds, 2017
Heavy molding, acrylic, gouache, ink on canvas
139 x 108 cm
Pièce unique

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Rokni Haerizadeh (b. 1978, Tehran), Ramin Haerizadeh (b. 1975, Tehran), et Hesam Rahmanian (b. 1980, Knoxville) vivent et travaillent ensemble depuis 2009. Leur œuvre est le fruit de l’énergie engendrée par des relations en constante évolution : entre eux, en direction de leur travail et à l’intérieur de leur environnement. De nouveaux collaborateurs, matériaux et événements vont et viennent dans cet espace. Leurs peintures, vidéos, objets et livres offrent juste ce qu’il faut pour piquer la curiosité sur les conditions de leur élaboration.

J’ai rencontré plusieurs fois ces artistes pour essayer de comprendre comment fonctionne leur sphère collaborative. Nos conversations les plus récentes, intervenues entre Dubaï, New York et Vienne fin 2017 et début 2018, ont ouvert plusieurs lignes de réflexion. Ci-dessous se trouve une tentative pour esquisser quelques contours de leur pratique collective au moment ou ils préparent From Sea to Dawn (De la mer à l’aube), leur projet intégré à la Galerie Krinzinger de Vienne.

« L’exil vous emporte en une nuit là où vous auriez mis normalement une vie entière à arriver » note l’écrivain russe Joseph Brodsky. « L’écrivain exilé est comme un chien ou un homme lancé dans l’espace à l’intérieur d’une capsule (plutôt comme un chien, bien évidemment, parce qu’on ne prendra jamais la peine de lui récupérer). » Et puis ça empire : « Le passager ne tarde pas à comprendre que la capsule gravite non pas autour de la terre, mais de plus en plus loin dans l’espace. »

Brodsky paraît affreusement désabusé. Piégé dans sa langue qui est sa prison, son auteur en exil est un personnage tragique réduit à l’impuissance. Il peut paraître incongru d'invoquer cette image à propos du travail de Rokni, Ramin et Hesam, qui a su exploiter les possibilités de leurs vie à Dubaï, où ils se sont établis en quittant Téhéran il y a huit ans avec un solide sens de l'humour et de sérieuses capacités.

Et pourtant, j’aime l’image d’une capsule lancée dans l’espace. Peut-être à cause de sa résonnance visuelle avec leurs œuvres récentes : des costumes improvisés, bricolés à l’aide de gilets de sauvetage, du papier d’aluminium et des bouts de ficelle ; l’artiste transformé en une espèce d’animal fragile qui traîne dans son sillage une coquille composée d’objets trouvés tandis qu’il navigue dans un espace rose indéterminé.

Ou peut-être est-ce en raison de leur penchant pour les formes creuses : les « submersibles » colombiens inventés par les trafiquants de drogue qui ont inspiré leur œuvre pour la Biennale de Liverpool (« un corps dans une coque, une créature qui se cache »), ou l’histoire ancienne de Jonas et la baleine : « Avalé par le poisson alors qu’il s’enfuyait, comme un migrant » expliquent-ils. « Il a fini par se mettre à l’abri dans le ventre de la bête en attendant de pouvoir sortir sans risque. Comme un voyageur dans une nacelle. »

L’exil est important pour eux, surtout quand une perte de sens survient en plus d’une délocalisation. « Ce qui reste incompréhensible est poussé à l’exil » m’ont-ils dit. « Les artistes s’exilent quand ils travaillent pour rien ou restent méconnus. Les mouvements s’exilent, et les gestes aussi. » Nombre de leurs présentations comprennent une section « dialectique » avec une démarche qui s’approche à celle d’un curateur : apporter le modernisme iranien, par exemple, à la Kunsthalle Zurich, ou au Fluxus, et des événements au Guggenheim Abu Dhabi. Leurs myriades de créations réservent un lieu temporaire d’importance aux exilés de tous horizons.

« Nous partons de ce que nous voyons dans les media, » expliquent-ils à propos de leur travail récent. Le migrant en tant que force de la nature les intrigue, Ils les voient comme des «  corps sortant de l’eau pour traverser l’Europe. Comme une grande migration d’oiseaux. » Ou, de façon plus morbide, comme « le sang qui jaillit d’une artère. » From Sea to Dawn (2016-2017), par exemple, est une vidéo animée qui met en scène une intervention sur des images de migrants issues du photojournalisme en utilisant le pigment et le trait pour mieux saisir ces mouvements et ces flux.

Les images nous rappellent celles vues aux informations, mais aussi des tableaux classiques de la peinture européenne. Le canot surchargé réinterprète le Radeau de la Méduse, avec des madones en pleurs qui tendent le corps inerte de leurs enfants, des levers de soleil romantiques sur des plages jonchées de gilets de sauvetage… ce sont les figures occidentales que From Sea to Dawn vise à transformer. Leur « peinture mouvante »  utilise le support pour rompre avec le cadre occidental du migrant : le figer, le déformer et le mettre à l’écart.

Ils décrivent, par exemple, une scène dans laquelle l’image source montrait autrefois des corps marchant contre un ciel bleu éclatant. « Nous avons reproduit le bleu du ciel, de sorte qu’il pénètre dans les corps, le fond se fondant dans le premier plan et l’inversant. Ça vibre de ce fait. Un migrant entre dans un nouvel espace : est-ce que vous allez vous dissoudre à l’intérieur ? Ou vous trouvez-vous dans un endroit où cela n’est pas possible ? Ou les deux à la fois, un entre-deux ? From Sea to Dawn traduit la nature anxieuse qui va de pair avec cette indétermination. »

La migration est également importante pour « les créatures », dont l’identité requiert d’être détaillée. Cette forme de jumelage qui lie Rokni, Ramin et Hesam est d’une nature inhabituelle et tourne autour de ce qu’ils ont fini par appeler « les créatures » : des personnages que les artistes endossent de façon durable, et qu’ils élaborent progressivement à travers des interactions avec leur environnement, surtout des objets collectés et du visuel.

 « Tout a commencé lors de notre déménagement à Dubaï, avec Les Bonnes, » m’ont-ils raconté. La pièce écrite en 1947 par Jean Genet, Les Bonnes, raconte l’histoire de deux sœurs aux tendances sadomasochistes au service de Madame. Elles sont obsédées par leur maîtresse, font des razzias sur sa garde-robe, s’identifient à elle, et mettent en scène son assassinat. « Les Bonnes est un excellent texte sur le pouvoir et les transformations pour devenir … l’idée de singer de pouvoir. » C’est aussi, ils suggèrent, l’histoire des migrants et des laissés-pour-compte qui aspirent à échanger le rôle de la bonne pour celui de la maîtresse.

Les Bonnes ont inspiré les premières performances communes entre Rokni, Ramin et Hesam, comme en témoigne le travail de vidéo entre 2012 et 2015, The Maids (Les Bonnes). On les voit interpréter différents rôles de la pièce, en costume, naturellement, toute la journée, tous les jours, pendant toute une semaine. Dès lors, le jeu de rôle et l’imitation ont été au cœur de leur démarche artistique.

A mesure que From Sea to Dawn prenait forme, j’ai observé l’évolution de leurs personnages (« bancale et fragile, cous cassés et mal aux pieds »). J’ai reconnu Hesam à ses rayures, les mains liée au-dessus de la tête (« un pinceau vivant »), Ramin à sa robe d’intérieur fleurie et à sa louche, et Rokni à son gilet de sauvegarde en forme de couche-culotte, une lampe de poche nichée dans ses plis vaginaux. Aveugles et maladroits, armés de brosses, de béquilles et de cuillères, ils produisent plusieurs grandes peintures murales et au sol.

« Nous finissons par former une voix, un  chuchotement, un aboiement. » Hesam, qui au début parlait de son personnage comme de « Haj, la première Muslim Bee » (abeille musulmane), évoqua par la suite « Lullabee for The adventures of Hutch (Haj) the Honeybee » (ou : Berceuse pour Les aventures de  Haj l’abeille), faisant ainsi référence à des dessins animés d’enfant et des bandes dessinées japonaises. La créature de Rokni fut surnommée « Homme et Femme devant un monceau d’excréments, » reprenant les silhouettes étirées de Joan Miro dans la peinture du même nom. Et Ramin, créature sous-marine-tiret-femme-au-foyer fut baptisée « FOB » (« Fresh Out of the Boat », fraîchement débarqué).

Les accessoires sont là pour définir le mode d’existence de la créature. Les matériaux proviennent des vendeurs locaux de Dubaï, y compris du Dragon Mart, une zone commerciale irréelle où on trouve toutes sortes d’importations chinoises ; le centre artisanal, dont les produits ménagers bon marché sont destinés au marché local ; et un vieux bazar afghan, qui débite d’honnêtes copies inspirées des catalogues des salles de vente. « Des objets complètement déconnectés se trouvent rassemblés dans les costumes des créatures. Nous cherchons ce qui est fort dans un objet, ce qui est le plus marquant dans sa forme et son utilisation. » Une bouteille d’eau peut donner une chaussure, un gilet de sauvetage un visage. Ainsi « la créature finit par se connaître, rassemblant les choses selon ses besoins, » selon un procédé qui s’assimile à une forme de collage.

Il est un peu difficile d’expliquer l’hétérogénéité des matériaux qui composent leurs mots et leur travail, la constellation mouvante d’idées, d’objets, de lieux et de gens que j’ai souvent du mal à suivre. Ils contestent de façon radicale l’idée que l’artiste aurait un don à part. La collaboration est une façon de décentrer la prise de décision : « Nous peignons ensemble maintenant. Ce sont trois visions d’une seule chose. Nous nous complétons, nous devenons l’un l’autre. » Jeu de rôle, mascarade, travestissement, collaboration, citation, ou simplement être ouvert à l’espace entre les deux  — toutes les techniques du décentrage.

Pour le portfolio des « tures » qui est devenu Where is Waldo? (2016-2017), chaque image a été retravaillée trois fois, progressivement gagnée, « contaminée », par leurs différentes contributions créatives. Ils se réservent leur territoire qui est « l’espace vide en peinture », s’acharnant à éviter les idées d’expression libre, de contrôle et de maîtrise qui ont été longtemps associées à ce mode artistique. « Trois corps dans un espace. Chacun de nous est une moitié. Chacun est toujours en l’autre, plein de l’autre. »

Unfaithful Poems (poèmes infidèles) pousse plus loin encore l’activité commune. Une série de peintures et de dessins sur plâtre entoure des strophes de poésie. Le texte s’inspire librement de Chavoshi, une ballade de pèlerinage écrite en 1956 par le poète iranien Mehdi Akhavan-Sales. Le trio s’est mis en quête d’un groupe international d’écrivains et de traducteurs pour obtenir un texte qui s’écartait un peu plus, à chaque remaniement, de l’original, espérant ainsi atténuer le pathos et le machisme sous-jacents sans qu’il rien perdre de sa force poétique.

Ensuite, il y a les objets commandés à des tailleurs et charpentiers locaux (au moyen de la gestuelle et du langage du corps), ou les œuvres assemblées par Edward St, l’ancien Tigre tamoul sri lankais qui est leur homme à tout faire, leur studio assistant mais aussi celui qui a inspiré la vidéo de 2014-2015, Aakkaandi. Et sans oublier leurs peintures sur bâche, laissées à sécher dehors sous le soleil brûlant de Dubaï, une collaboration avec la nature.

Pour que la parabole de l’exil de Brodsky s’applique ici, il faut la renverser joyeusement sur la tête. Le chien est mieux loti que l’homme, en fin de compte : se lancer dans l’inconnu est beaucoup plus excitant que pleurer ce qui est perdu. Pour Brodsky, la capsule qui éjectait l’écrivain exilé dans l’espace était la langue. Mais dans l’œuvre de Rokni, Ramin et Hesam, la langue est une notion trop vaste pour représenter une limite culturelle. Cela comprend la peinture et la non-peinture, la photographie et le collage, la traduction et l’écriture, soi et l’autre. Cela épouse l’exil en refusant l’allégeance aux principes d’exclusion des langues maternelles ou de la patrie.

« La créature est une performance en cours et en continu » m’ont-ils expliqué. « Quoiqu’il advienne dans le monde, tout ce avec quoi nous entretenons un échange entre dans cette dastgah. » Je fus intriguée. Une dastgah est un terme technique dans la musique iranienne traditionnelle qui désigne une espèce de matrice mélodique. Le mot veut dire un « système » ou une « machine ». Cela m’a paru être une allitération riche : un refrain et une machine, quelque chose qu’on pourrait appeler un assemblage.

Les philosophes non-conformistes Gilles Deleuze et Félix Guattari ont écrit avec beaucoup de fougue  — et dans une relative obscurité internationale  — sur le concept d’agencement, ou d’assemblage. « Dans les agencements, on trouve une diversité d’objets, de corps, diverses associations de corps, tout un pot-pourri, mais on trouve aussi des énonciations, des modes d’expression, et des ensembles codés de signes, » a expliqué Deleuze.

On peut voir un ouragan comme un assemblage, de même qu’un mouvement politique sans leader ou, pourquoi pas, un refrain mélodique. Les composants d’un assemblage ne sont pas d’une seule sorte, et ils ne partagent pas un même but. Cependant ils forment un ensemble, et gagnent en puissance avec le temps du fait qu’ils partagent cette cohésion. N’importe quelle partie du tout peut changer, l’assemblage conservera sa dynamique. Or c’est cette forme d’énergie et de cohérence qui, dans mon esprit, est la qualité qui définit la pratique collaborative de Rokni, Ramin et Hesam, laquelle échappe maintenant encore à toute description.

L’assemblage tient, sous la forme de ces créatures, les personnages, accessoires et costumes, les modes d’expression et les techniques, les expositions et les résidences, de même que le tissu même de leur vie quotidienne. Chaque nouvel élément entre dans une relation de force qui tient solidement, alors même que les notions d’auteur et de contrôle s’esquivent et se diluent. Si les contours de leur pratique sont difficiles à définir, l’intensité des énergies assemblées est claire. Comme un champ de force ou un rituel monastique, il reste constant dans sa présence invisible. L’assemblage laisse une place à de nouvelles forces, de nouveaux sens et de nouvelles formes d’existence, dans toute leur instabilité et leur précarité.

Créatures et assemblages : Notes sur une collaboration décentrée

Par Media Farzin

Traduit de l’anglais par Edith Ochs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Expositions personnelles

2018
From Sea to Dawn, Galerie Krinzinger, Vienne, AT

2017
The Maids, Museu d’Art Contemporani de Barcelona, Barcelone, ES

2015
The Birthday Party, Institute of Contempory Art (ICA), Boston
Those Who Love Spiders, and Let Them Sleep in Their Hair, Den Frie Centre of Contemporary Art,  Copenhagen
All the Rivers Run Into The Sea. Over. / Copy. Yet, The Sea Is Not Full. Over, 8th Asia Pacific Triennial of Contemporary Art, Queensland Art Gallery, Brisbane
The Fal, Rodeo Gallery, Istanbul
Slice A Slanted Arc Into Dry Paper Sky, Kunsthalle, Zurich

2014
The Exquisite Corpse Shall Drink the New Wine, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai

2012
I Put It There You Name It, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai

Expositions collectives

2017
The Restless Earth, Fondazione Nicola Trussardi, Milan, IT
Rock, Paper, Scissors : Positions in Play, National Pavillion of United Arab Emirates, 57th Venice Biennale
The Creative Act : Performance, Process, Presence, Guggenheim Abu Dhabi

2016     
Social Calligraphies, Zacheta National Gallery of Art, Warsaw
Domestic Affairs : Reshaped, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai
9th LIverpool Biennial : Festival of Contemporary Art, Liverpool

2015
Nice Drawings, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai

Récompenses

2015
Fundaciò Han Nefkens/MACBA Award, Barcelona

Collections

Los Angeles County Museum of Art (LACMA)
Guy & Myriam Ullens Foundation Collection

Residency

2014
Rauschenberg Residency, Captiva, Florida

Publications

2016
Her Majesty?, 2016, Edition Patrick Frey

2015
Ramin Haerizadeh Rokni Haerizadeh Hesam Rahmanian, 2015, Mousse Publishing