Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,
Hesam Rahmanian

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Madame Tussauds, 2018
Heavy molding, acrylic, gouache, ink on canvas
110 x 140 x 6 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Madame Tussauds, 2018
Collage, wood, gesso and ink on canvas
108 x 139 x 6 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Royal Goose, 2017
Collage, binder, gouache, watercolor, gesso, acrylic on paper
70 x 100 cm ( 82 x 112 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Royal Game - II Duke of Cambridge, 2015-2017
Collage, binder, gesso, acrylic on paper (Dyptich)
140 x 100 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Where is Waldo?, 2017
Collage, binder, gouache, watercolor, gesso, acyclic on paper
70 x 100 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Where is Waldo ?, 2017
Acrylic, ink and gouache and collage on paper
70 x 100 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Where is Waldo?, 2017
Collage, binder, gouache, watercolor, gesso, acyclic on paper
70 x 100 cm
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Where is Waldo?, 2017
Collage, binder, gouache, watercolor, gesso, acyclic on paper
70 x 100 cm ( 82 x 112 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - The Creative Act: Performance, Process, Presence, 2017
Guggenheim - Abu Dhabi, Émirats arabes unis

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Home Home Sweet Home, 2015-2017
Collage, gesso, acrylic and heaving mold on paper
72 x 100 cm ( 86 x 115 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne

© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne
© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Maids, 2017
MACBA - Barcelone, Espagne
© Miquel Coll

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Exhibition view - Liverpool Biennal of Contemporary Art , 2016
Liverpool, Royaume-Uni

© Maaziar Sadr

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Liverpool Biennal of Contemporary Art , 2016
Liverpool, Royaume-Uni
© Maaziar Sadr

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Her Majesty ?, 2015-2017
Collage, gouache, gesso, acrylic on paper
72 x 100 cm ( 86 x 115 cm encadré )
Pièce unique

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Installation view - All The Rivers Run Into The Sea. Over., 2015
ASIA PACIFIC TRIENNIAL (APT8) - Brisbane, Australie

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Installation view - All The Rivers Run Into The Sea. Over., 2015
ASIA PACIFIC TRIENNIAL (APT8) - Brisbane, Australie

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis

© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis
© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - The Birthday Party, 2015
Institute of Contemporary Art - Boston, États-Unis
© Charles Mayer

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh,Hesam Rahmanian
Exhibition view - Slice a Slanted Arc Into Dry Paper Sky, 2015
Kunsthalle - Zurich, Suisse

© Gunner Meier

Ramin Haerizadeh, Rokni Haerizadeh, Hesam Rahmanian
Exhibition view - Slice a Slanted Arc Into Dry Paper Sky, 2015
Kunsthalle - Zurich, Suisse
© Gunner Meier

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Rokni Haerizadeh (n. 1978, Téhéran), Ramin Haerizadeh (n. 1975, Téhéran), et Hesam Rahmanian (n. 1980, Knoxville) vivent et travaillent ensemble depuis 2009. Leur œuvre est le fruit de l’énergie engendrée par des relations en constante évolution : entre eux, dans leur travail et dans leur environnement. De nouveaux collaborateurs, matériaux et événements vont et viennent dans cet espace. Leurs peintures, vidéos, objets et livres offrent juste ce qu’il faut pour piquer la curiosité sur les conditions de leur création.

J’ai rencontré plusieurs fois ces artistes pour essayer de comprendre comment fonctionne leur sphère collaborative. Nos conversations les plus récentes, intervenues entre Dubaï, New York et Vienne fin 2017 et début 2018, ont fait émergé plusieurs lignes de réflexion. Ci-dessous se trouve une tentative pour esquisser quelques contours de leur pratique collective au moment ou ils préparent From Sea to Dawn (De la mer à l’aube), leur projet intégré à la Galerie Krinzinger de Vienne.

« L’exil vous emporte en une nuit là où vous auriez mis normalement une vie entière à arriver » note l’écrivain russe Joseph Brodsky. « L’écrivain exilé est comme un chien ou un homme lancé dans l’espace à l’intérieur d’une capsule (plutôt comme un chien, bien évidemment, parce qu’on ne prendra jamais la peine de le récupérer). » Et puis ça empire : « Le passager ne tarde pas à comprendre que la capsule gravite non pas autour de la terre, mais de plus en plus loin dans l’espace. »

Brodsky paraît affreusement désabusé. Emprisonné dans sa langue, son auteur en exil est un personnage tragique réduit à l’impuissance. Il est peut-être incongru d'invoquer cette image à propos du travail de Rokni, Ramin et Hesam, qui a su exploiter les possibilités de leurs vie à Dubaï, où ils se sont établis en quittant Téhéran il y a huit ans avec un solide sens de l'humour et de sérieuses capacités.

Et pourtant, j’aime cette image d’une capsule lancée dans l’espace. Peut-être à cause de sa résonnance visuelle avec leurs œuvres récentes : des costumes improvisés, bricolés à l’aide de gilets de sauvetage, de papier d’aluminium et de bouts de ficelle ; l’artiste transformé en animal fragile, trainant autour de lui une coquille composée d’objets trouvés tandis qu’il navigue dans un espace rose indéterminé.

Ou peut-être est-ce en raison de leur penchant pour les formes creuses : les « submersibles » colombiens inventés par les trafiquants de drogue qui ont inspiré leur travail pour la Biennale de Liverpool (« un corps dans une coque, une créature qui se cache »), ou l’ancienne histoire de Jonas et la baleine : « Avalé par le poisson alors qu’il s’enfuyait, comme un migrant » expliquent-ils. « Il a fini par se mettre à l’abri dans le ventre de la bête en attendant de pouvoir sortir sans risque. Comme un voyageur dans une nacelle. »

L’exil est important pour eux, surtout quand une perte de sens survient en plus d’une délocalisation. « Ce qui est incompréhensible entre en l’exil » m’ont-ils dit. « Les artistes s’exilent quand leur travail est perdu ou reste méconnu. Les mouvements s’exilent, les gestes aussi. » Nombre de leurs expositions comprennent une section « dialectique » avec une démarche quasi-curatorial : apportant le modernisme iranien, par exemple, à la Kunsthalle Zurich, ou au Fluxus, et des performances au Guggenheim Abu Dhabi. Leurs myriades de créations offrent un lieu de sens temporaire aux exilés de tous horizons.

« Nous partons de ce que nous voyons dans les media, » expliquent-ils à propos de leur travail récent. Le migrant en tant que force de la nature les intrigues, Ils les perçoivent comme des «  corps sortant de l’eau pour traverser l’Europe. Comme une grande migration d’oiseaux. » Ou, de façon plus morbide, comme « le sang jaillissant d’une artère. » From Sea to Dawn (2016-2017), par exemple, est une vidéo animée qui met en scène une intervention sur des images de migrants issues du photojournalisme en utilisant le pigment et le trait pour mieux saisir ces mouvements et ces flux.

Les images nous rappellent celles vues aux informations, mais aussi des tableaux classiques de la peinture européenne. Le canot surchargé réinterprète le Radeau de la Méduse, avec des madones en pleurs tendant le corps inerte de leurs enfants, des levers de soleil romantiques sur des plages jonchées de gilets de sauvetage… ce sont les figures occidentales que From Sea to Dawn vise à transformer. Leur « peinture mouvante »  utilise le medium pour rompre avec le cadre occidental du migrant : le figer, le déformer et le mettre à l’écart.

Ils décrivent, par exemple, une scène dans laquelle l’image source montrait des corps marchant contre un ciel bleu éclatant. « Nous avons reproduit le bleu du ciel, de sorte qu’il pénètre dans les corps, le fond se fondant dans le premier plan et l’inversant, créant une vibration. Un migrant entre dans un nouvel espace : est-ce que vous allez vous dissoudre à l’intérieur ? Ou vous trouvez-vous dans un endroit où cela n’est pas possible ? Ou les deux à la fois, un entre-deux ? From Sea to Dawn traduit la nature anxieuse qui va de pair avec cette indétermination. »

La migration est également importante pour « les créatures », dont l’identité requiert d’être détaillée. La nature de la collaboration entre Rokni, Ramin et Hesam est inhabituelle et tourne autour de ce qu’ils ont fini par appeler « les créatures » : des personnages que les artistes endossent de façon durable, et qu’ils élaborent progressivement par leur interactions avec leur environnement, surtout avec des objets collectés et des images.

 « Tout a commencé lors de notre déménagement à Dubaï, avec The Maids, » m’ont-ils raconté. Cette pièce écrite en 1947 par Jean Genet raconte l’histoire de deux sœurs, servantes domestiques, aux tendances sadomasochistes. Elles sont obsédées par leur maîtresse, « Madame », font des razzias sur sa garde-robe, s’identifient à elle et mettent en scène son assassinat. « The Maids est un excellent texte sur le pouvoir, les transformations et le devenir - l’idée de mimer le pouvoir. » C’est aussi, comme ils le suggèrent, l’histoire des migrants et des laissés-pour-compte qui aspirent à échanger le rôle de la bonne pour celui de la maîtresse.

Cette pièce a inspiré les premières performances communes entre Rokni, Ramin et Hesam, comme en témoigne le travail de vidéo entre 2012 et 2015, The Maids. On les voit interpréter différents rôles de la pièce, en costume naturellement, toute la journée, tous les jours, pendant toute une semaine. Dès lors, le jeu de rôle et l’imitation ont été au cœur de leur démarche artistique.

A mesure que From Sea to Dawn prenait forme, j’ai observé l’évolution de leurs personnages (« rachitique et fragile, avec le cou cassé et les pieds endoloris »). J’ai reconnu Hesam à ses rayures, les mains liée au-dessus de la tête (« un pinceau vivant »), Ramin à sa robe d’intérieur fleurie et à sa louche, et Rokni à son gilet de sauvegarde en forme de couche-culotte, une lampe de poche nichée dans ses plis vaginaux. Aveugles et maladroits, armés de brosses, de béquilles et de cuillères, ils ont produit plusieurs grandes peintures au mur ainsi qu’au sol.

« Nous finissons par former une voix, un  chuchotement, un aboiement. » Hesam, qui au début parlait de son personnage comme de « Haj, la première Muslim Bee » (abeille musulmane), évoqua par la suite « Lullabee for The adventures of Haj the Honeybee » (ou : Berceuse pour Les aventures de  Haj l’abeille), faisant ainsi référence à des dessins animés d’enfant et à des bandes dessinées japonaises. La créature de Rokni fut surnommée « Homme et Femme devant un monceau d’excréments, » reprenant les silhouettes étirées de Joan Miro de la peinture du même nom. Et celle de Ramin, créature sous-marine / femme-au-foyer fut baptisée « FOB » (« Fresh Out of the Boat », fraîchement débarquée).

J’ai réalisé que les accessoires venaient définir la façon d’être de la créature. Les matériaux proviennent des vendeurs locaux de Dubaï, y compris du Dragon Mart, une zone commerciale irréelle pour toutes sortes d’importations chinoises ; le centre artisanal, dont les produits bon marché sont destinés au marché local ; et un vieux bazar afghan produisant de crédibles copies inspirées des catalogues des salles de vente. « Des objets complètement déconnectés se trouvent rassemblés dans les costumes des créatures. Nous cherchons ce qui est fort dans un objet, ce qui est le plus marquant dans sa forme et son utilisation. » Une bouteille d’eau peut donner une chaussure, un gilet de sauvetage un visage. Ainsi « la créature finit par se connaître, rassemblant les choses selon ses besoins, » selon un procédé qui s’assimile à une forme de collage.

Il est quelque peu difficile d’expliquer l’hétérogénéité des matériaux qui composent leurs mots et leur travail, la constellation mouvante d’idées, d’objets, de lieux et de gens que j’ai souvent du mal à suivre. Ils contestent de façon radicale l’idée que l’artiste aurait un don à part. La collaboration est une façon de décentrer la prise de décision : « Nous peignons ensemble maintenant. Ce sont trois visions d’une seule chose. Nous nous complétons, nous devenons l’un l’autre. » Jeu de rôle, mascarade, travestissement, collaboration, citation, ou simplement être ouvert à l’entre-deux — toutes les techniques du décentrage.

Pour le portfolio des « unpaintings» qui est devenu Where is Waldo? (2016-2017), chaque image a été retravaillée trois fois, progressivement « contaminée » par leurs différentes contributions créatives. Ils mettent en jeu leur territoire comme « espace négatif de la peinture », s’acharnant à éviter les idées d’expression de soi, de contrôle et de maîtrise qui ont été longtemps associées à ce mode artistique. « Trois corps dans un espace. Chacun de nous est une moitié. Chacun est toujours en l’autre, plein de l’autre. »

Unfaithful Poems pousse plus loin encore la collaboration. Une série de peintures et de dessins sur plâtre entoure des strophes de poésie. Le texte s’inspire librement de Chavoshi, une ballade de pèlerinage écrite en 1956 par le poète iranien Mehdi Akhavan-Sales. Le trio s’est mis en quête d’un groupe international d’écrivains et de traducteurs pour obtenir un texte qui s’écartait un peu plus, à chaque remaniement, de l’original, espérant ainsi atténuer le pathos et le machisme sous-jacents sans rien perdre de sa force poétique.

Il y a ensuite les objets commandés à des tailleurs et charpentiers locaux (à travers la gestuelle et le langage corporel), ou les œuvres assemblées par Edward St, l’ancien Sri Lankais Tamil Tiger qui est leur homme à tout faire, leur studio assistant mais aussi celui qui a inspiré la vidéo de 2014-2015, Aakkaandi. Et sans oublier leurs peintures sur bâche, laissées à sécher dehors sous le soleil brûlant de Dubaï, une collaboration avec la nature.

Si la parabole de Brodsky peut s’appliquer ici, c’est en la renversant joyeusement sur sa tête. Le chien est mieux loti que l’homme, en fin de compte : se lancer dans l’inconnu est beaucoup plus excitant que pleurer ce qui est perdu. Pour Brodsky, la capsule qui éjectait l’écrivain exilé dans l’espace était la langue. Mais dans l’œuvre de Rokni, Ramin et Hesam, la langue est une notion trop vaste pour représenter une limite culturelle. Cela comprend la peinture et la non-peinture, la photographie et le collage, la traduction et l’écriture, le soi et l’autre. Il épouse l’exil en refusant l’allégeance aux principes d’exclusion des langues maternelles ou des patries.

« La créature est une performance en cours et en continu » m’ont-ils expliqué. « Quoiqu’il advienne dans le monde, tout ce avec quoi nous entretenons un échange entre dans cette dastgah. » Je fus intriguée. Une dastgah est un terme technique dans la musique iranienne traditionnelle qui désigne une espèce de matrice mélodique. Ce mot signifie aussi un « système » ou une « machine ». Cela m’a paru être une allitération riche : un refrain et une machine, quelque chose qu’on pourrait appeler un assemblage.

Les philosophes non-conformistes Gilles Deleuze et Félix Guattari ont écrit avec beaucoup de fougue  — et dans une relative obscurité — sur le concept d’agencement, ou d’assemblage. « Dans les agencements, on trouve une diversité d’objets, de corps, diverses associations de corps, tout un pot-pourri, mais on trouve aussi des énonciations, des modes d’expression, et des ensembles codés de signes, » a expliqué Deleuze.

Un ouragan peut-être perçu comme un assemblage, de même qu’un mouvement politique sans leader ou, pourquoi pas, un refrain musical. Les composants d’un assemblage ne sont pas d’une seule sorte et ne partagent pas un même but. Cependant ils forment un ensemble et, au fil du temps, gagnent en puissance à partir de cette cohérence. N’importe quelle partie du tout peut changer, l’assemblage conservera sa dynamique. Or c’est cette forme d’énergie et de cohérence qui, dans mon esprit, est la qualité qui définit la pratique collaborative de Rokni, Ramin et Hesam, laquelle échappe maintenant encore à toute description.

L’assemblage tient, sous la forme de ces personnages, accessoires et costumes, modes d’expression et techniques, expositions et résidences, ainsi que le tissu même de leur vie quotidienne. Chaque nouvel élément entre dans une relation de force qui tient solidement, alors même que les notions d’auteur et de contrôle s’esquivent et se diluent. Si les contours de leur pratique sont difficiles à définir, l’intensité des énergies assemblées est claire. Comme un champ de force ou un rituel monastique, il reste constant dans sa présence invisible. L’assemblage laisse une place à de nouvelles forces, de nouveaux sens et de nouvelles formes d’existence, dans toute leur instabilité et leur précarité.

Créatures et assemblages : Notes sur une collaboration décentrée

Par Media Farzin

Expositions personnelles

2018
From Sea to Dawn, Galerie Krinzinger, Vienne, AT

2017
The Maids, Museu d’Art Contemporani de Barcelona, Barcelone, ES

2015
The Birthday Party, Institute of Contempory Art (ICA), Boston, US
Those Who Love Spiders, and Let Them Sleep in Their Hair, Den Frie Centre of Contemporary Art,  Copenhagen, DK
All the Rivers Run Into The Sea. Over. / Copy. Yet, The Sea Is Not Full. Over, 8th Asia Pacific Triennial of Contemporary Art, Queensland Art Gallery, Brisbane, AU
The Fal, Rodeo Gallery, Istanbul, TR
Slice A Slanted Arc Into Dry Paper Sky, Kunsthalle, Zurich, CH

2014
The Exquisite Corpse Shall Drink the New Wine, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai, AE

2012
I Put It There You Name It, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai, AE

Expositions collectives

2017
The Restless Earth, Fondazione Nicola Trussardi, Milan, IT
Rock, Paper, Scissors : Positions in Play, National Pavillion of United Arab Emirates, 57th Venice Biennale, IT
The Creative Act : Performance, Process, Presence, Guggenheim Abu Dhabi, AE

2016     
Social Calligraphies, Zacheta National Gallery of Art, Warsaw, PL
Domestic Affairs : Reshaped, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai, AE
9th LIverpool Biennial : Festival of Contemporary Art, Liverpool, UK

2015
Nice Drawings, Gallery Isabelle van den Eynde, Dubai, AE

Récompenses

2015
Fundaciò Han Nefkens/MACBA Award, Barcelona, ES

Collections

Los Angeles County Museum of Art (LACMA)
Guy & Myriam Ullens Foundation Collection

Residency

2014
Rauschenberg Residency, Captiva, Florida, US

Publications

2016
Her Majesty ?, Edition Patrick Frey, 2016.

2015
Ramin Haerizadeh Rokni Haerizadeh Hesam Rahmanian, Mousse Publishing, 2015.