Meschac Gaba - Ce qui s'oublie et ce qui reste  | Meschac Gaba
Musée national de l'histoire de l'immigration

"Regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain", tel est le défi lancé par N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa2020 dans laquelle s’inscrit l’exposition Ce qui s’oublie et ce qui reste. Née de la collaboration entre le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) de Marrakech et le Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris, l’exposition explore la notion de transmission à travers les œuvres de dix-huit artistes du continent africain et de ses diasporas.

A l’heure de l’information en continu, des réseaux sociaux et d’un certain individualisme, que signifie transmettre ? Qu’en est-il de cette passation ? De ce geste destiné à confier à une autre personne une mémoire mais aussi des savoirs et savoir-faire, des traditions, rituels ou encore des objets ?

Les propositions plastiques, qu’elles interrogent ou interpellent, qu’elles soient allégoriques, poétiques ou engagées, se trouvent au cœur des débats contemporains. Comment les artistes abordent-ils les notions d’héritages, d’influences et de circulations, de frontières et de migrations, de liens entre générations ? Quels sont les mécanismes de diffusion linguistiques, politiques, spirituels et sociaux dans le temps - entre passé, présent et futur - et dans l’espace ? Quelles sont enfin les limites, les fragilités, les pertes et ruptures de la transmission dans un monde globalisé ?

Autant de questions qui rythment le parcours autour de trois idées force, « Transmissions de mémoire », « Omissions et ruptures », « Nouvelles écritures ». Ces thématiques, sans être matérialisées dans l’espace, laissent aux œuvres la possibilité de se déployer dans leur polysémie et dans la promesse de leurs engagements.

À rebours des représentations colorées d’une supposée production artistique africaine, l’exposition oscille entre continuités et points de fracture. Elle tord les clichés d’une identité visuelle souvent associée au continent africain. Et loin de construire un ensemble uniforme, les œuvres se révèlent dans toutes leurs spécificités, facettes et complexité.

Peintures, tissages, sculptures, photographies, vidéos, installations, performances s’attachent autant aux échanges qu’aux fêlures, à ce qui est partagé qu’à ce qui est omis, effacé, rendu invisible et silencieux. A ce qui s’oublie et à ce qui reste.

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Musée national de l’histoire de l’immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil
75012 Paris