Mark
Dion
Fieldwork IV, 2007
Fieldwork IV, 2007

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Installation multimedia
213 x 182 x 853 cm
Pièce unique

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

Mark Dion
Fieldwork IV, 2007
Museum d'Histoire Naturelle, Paris
Fiac Hors les Murs
Exhibition view, 2011

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    Au cours des trentes dernières années, l'artiste a étudié la relation entre nature et culture, faisant référence au système de classification et exhibant les méthodes en usage dans les musées.

L'oeuvre Fieldwork 4 brouille la frontière entre méthode de travail scientifique et artistique.
L'artiste a prélevé des échantillons dans différents milieux naturels à Londres, chacun reflétant à la fois la situation actuelle et les aspects historiques de la capitale. En assumant l'apparence et les méthodes des scientifiques, l'artiste propose un point de vue questionnant la façon dont l'homme, au travers de la science, donne un sens au monde naturel. 


Fieldwork IV a été réalisé en 2007 au British Museum of Natural History de Londres, à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Linnée, botaniste suédois à l'origine du concept de biodiversité et  initiateur de la classification du vivant. Cette installation fait partie de Systema Metropolis, un ensemble d'expositions en quatre volets qui a permis à l'artiste d'accomplir une exploration systémique des rives de la Tamise, ce long fleuve qui traverse la ville de Londres, avant de se jeter dans la Mer du Nord.

Avec une équipe de spécialistes, il a prélevé poissons et ordures de différentes sortes rejetés par le fleuve. Suivant un protocole proche des méthodologies scientifiques, tessons de verre et céramique, canettes, bouteilles vides, outils, jouets, et plus encore ont été ramassés le long des rives et au niveau des valves d'alimentation de la centrale électrique de la Tamise.


Dans Fieldwork IV, organisée sommairement par typologies, cette masse d'objets reste en attente d'un classement futur plus systématique à l'intérieur d'une grande serre. Celle-ci apparaît comme un laboratoire scientifique où les équipements et l'outillage de travail semblent juste posés, prêts à l'emploi. Visibles depuis l'entrée, à côté des déchets des activités quotidiennes, nombre de poissons plus ou moins rares (parmi lesquels le seul exemplaire d' hippocampe retrouvé dans la Tamise) sont conservés comme des spécimens dans le formol. Montrant l'étape intermédiaire entre le ramassage et le classement systématique, cette installation questionne l'autorité et la validité des critères de sélection et de classification scientifiquement admis, en rappelant que l'élaboration du savoir reflète aussi la conscience qu'une société a d'elle-même.


Le résultat que nous avons sous les yeux, cette mise à plat des trouvailles, permet de saisir un même lieu sous l'angle de la nature et de la culture, de l'économie et du spirituel.

 

     L'impossibilité d'accéder à l'intérieur de ce « laboratoire » nous donne l'impression d'être face à un dispositif scientifique, dont l'accès est exclusivement réservé au personnel préposé. La vision du visiteur étant, filtrée par la bâche en polyester, un halo de mystère subsiste. Il marque l'écart entre le travail des scientifiques et l'idée que l'on en crée dans l'maginaire collectif. Pour Mark Dion, d'ailleurs, « si loeuvre est énigmatique, elle permet au spectateur d'avoir un rôle actif», de faire surgir la dimension humaine, avec ses doutes et ses incertitudes.

Toujours auteur de situations plutôt que créateur d'objets, Mark Dion transforme le white cube en une savante intrication de temporalités. En plaçant au même niveau de réception l'antique et le moderne, Dion attribue aux modes de vie récents le même intérêt qu'à ceux du passé. Le flux continu du fleuve, qui traverse les terres et les époques, rétablit l'égalité entre les choses, supprime la hiérarchisation entre objet de valeur et objet courant, entre relique, pièce archéo-logique et déchet.


Ainsi, Fieldwork IV nous montre comment tout objet, indépendamment de son époque, procède d'un même processus humain, de la production au rejet, puis de sa redécouverte par les archéologues à son interprétation scientifique. L'action invisible et perpétuelle du fleuve devient ainsi le réceptacle de notre civilisation : elle ramène à la surface le vestiges du passé, en nous questionnant sur notre avenir.


En effet, la question se pose : les objets qui découlent de notre activité présente, constitueront-t-il une réalité archéologique dans le futur?

Que conserver et comment ?

Que révèle leur classification ?

Avec l'humour qui le caractérise et suivant une approche interdisciplinaire, Mark Dion se tient, selon son expression, « dans l'ombre » des méthodes scientifiques pour en déconstruire les mythologies. Il interroge les principes qui ont établit les bases de notre savoir et questionne la façon dont l'homme, au travers de la science, essaie de prendre conscience du monde qui l'entoure. C'est dans cette perspective que Fieldwork IV entre en relation avec les salles d'exposition des Musées, dans lesquelles le dialogue entre art et science, entre oeuvres anciennes et contemporaines fait échos aux questions suscitées par le travail de Mark Dion.


Natacha Pugnet